Chroniques du Cap Ferret : et de l'autre côté de l'eau...

Aidé de ses invités, Christian avait préparé le panier de pique-nique,
les cartes marines et les rames et fourré le tout à l'arrière de la Méhari.
Je l'avais regardé s'agiter, planquée derrière mon ordinateur, l'oeil
noir : nous avions frôlé la noyade la première fois que nous avions
embarqué sur son hors-bord flambant neuf, personne, même pour
un empire, ne m'obligerait à boire la tasse une seconde fois !
Alors que j'attendais, tremblante, le coup de fil fatal qui
m'annoncerait que mon capitaine avait chaviré dans les passes
d'Arcachon, il avait réintégré le bercail la tête basse, flanqué de nos
amis dépités : il avait choisi l'heure du départ en consultant l'horaire
des marées de l'année précédente, la mer s'était retirée quand il
avait débarqué sur le rivage pour mettre son Zodiac à l'eau.
L'achat d'un bateau se trouvait en troisième position sur la liste
des courses que nous avions établie avant de nous installer au
Cap Ferret. Liste des courses qui s'est métamorphosée en course
d'obstacles au moment de passer à l'acte.
Apprivoiser les sortilèges de la vie insulaire est un long apprentissage
émailié d'épisodes bouffons. Certains sont relatés dans ce livre que
je vous suggère de déguster sur une terrasse à l'ombre, un verre de
rosé à la main.