Les zouaves pontificaux en France, en Belgique et au Québec : la mise en récit d'une expérience historique transnationale (XIXe-XXe siècles)

Le bataillon des zouaves pontificaux est créé le 1<sup>er</sup> janvier 1861 et devient
régiment au 1<sup>er</sup> janvier 1867. Il est constitué d'environ 10 000 volontaires,
issus de 25 nationalités différentes, qui seront licenciés le 21 septembre
1870.
Une fois le conflit terminé, de nombreuses associations d'anciens zouaves
sont créées au retour des soldats et des journaux liés à ces associations
sont fondées. Des rassemblements et des réunions cherchent à perpétuer
le souvenir des faits d'armes des combattants démobilisés tandis que
plusieurs monuments en célèbrent l'héroïsme.
Un véritable imaginaire prend forme à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle. Appartenant
à cette internationale «blanche», d'essence contre-révolutionnaire, les
anciens volontaires élaborent le mythe du croisé moderne, du martyre et
du héros catholique. C'est ici l'imaginaire construit autour des zouaves
pontificaux que ce livre se propose d'explorer. Il entend poser des jalons
pour mieux comprendre la structuration des réseaux de zouaves, leur
idéal de chrétienté, leur description d'un «croisé du Christ», leur identité
comme groupe et leur quête de légitimité religieuse et sociale, voire
politique.