Civils et militaires dans le camp retranché de Toul, 1871-1914

La Guerre de 1870 et l'invasion de la France ont pour
conséquence la perte de l'Alsace-Lorraine et de
l'obstacle naturel des Vosges. Les deux rives du Rhin
sont allemandes ainsi que Metz et Strasbourg. Il faut
un nouveau Vauban à la France, une nouvelle
ceinture de fer, c'est l'oeuvre du général Séré de
Rivières. Celui-ci entreprend un ensemble d'ouvrages
fortifiés dont le but est double : protéger le pays,
fonction primordiale et permanente de la défense, et
fournir à une force armée l'articulation et les appuis favorables à une attaque, fonction offensive du système.
Dans ce dispositif de défense, le rôle de Toul devient capital à la frontière de l'Est, avec Epinal et Verdun.
La fortification de Toul et des environs en un vaste camp retranché a des conséquences non négligeables
pour la population. La réorganisation de l'armée avec d'importantes forces disponibles amenées par la
conscription entraîne un afflux de militaires qui s'ajoute aux contingents d'immigrants, italiens en particulier,
venus chercher dans la région une vie meilleure. Se pose alors de façon cruciale le problème du logement
et l'intégration à la population locale ne se fait pas sans heurts. La police municipale doit faire face à une
recrudescence de la criminalité, gérer la prostitution et les débits de boisson tout en essayant de tempérer
les litiges qui opposent les cultivateurs et l'armée. Du fait de la position de Toul, les autorités doivent
également lutter contre l'espionnage.