Propos sur l'Etat-nation

Propos sur l'État-nation
Quelle forme d'État pour nos pays d'Afrique subsaharienne ? Ces pays sont-ils obligés de choisir la forme d'État de leurs ex-métropoles du temps de la colonisation ? Telle est la problématique se dégageant des conférences données par deux éminents professeurs français à Yaoundé en juin 2004. D'autant que, d'entrée de jeu, un conférencier pose comme meilleure forme d'État, l'État-nation « basé sur la volonté de l'État d'exercer sa souveraineté et sur les hommes, et sur le territoire occupé par les hommes, et ayant un prince à sa tête, lequel reconnaît des droits aux individus et leur impose des devoirs ».
Curieux que la France, pays de la grande Révolution, désigne un chef d'État comme « Prince ». Plus curieux de l'entendre affirmer que « la France hérita l'État-nation de la Rome Antique » ! Si tel est le cas, quid de la Révolution française ? Ne fut-elle pas constamment confisquée par des groupes privilégiés, au détriment du Peuple ? Certes elle avait consigné dans une constitution la garantie du respect des droits de l'Homme et du citoyen que qu'il soit. Mais qu'avait-elle fait de la définition des entités Nation ou Peuple d'une part, et État d'autre part, ainsi que des rôles respectifs de l'une et l'autre entité dans le fonctionnement démocratique ?