La poésie sénégalaise d'expression française (1945-1982)

La poésie sénégalaise d'expression française (1945-1982)
La littérature africaine produite dans les langues européennes - anglais, français, portugais - a de tout temps suscité l'intérêt d'une réflexion théorique sur les rapports d'adéquation entre les idées substantielles de cette littérature et la langue véhiculaire. L'objet de cet ouvrage est d'élucider la question de la corrélation entre la poésie sénégalaise d'expression française et le médium linguistique. Dans un premier temps, il fixe l'attention sur les causes fondamentales de la naissance de cette poésie en mettant l'accent sur la situation coloniale. Celle-ci se révèle comme le fait marquant la genèse du paradoxe des premiers poètes sénégalais dont le recours à la langue française s'affirme comme une contrainte, mais aussi comme une arme de combat contre l'oppresseur colonial. Dans la première partie, l'analyse des essais sur l'esthétique négro-africaine, écrits par Léopold Sédar Senghor, a permis de jeter la lumière sur les modalités d'appréciation de la poésie africaine produite en français. C'est surtout à la lumière des spécifications esthétiques et des caractères distinctifs de la civilisation africaine qu'on arrive à déterminer l'authenticité et l'originalité de la poésie sénégalaise d'expression française. La deuxième partie offre une analyse profonde des recueils des poètes de la négritude et ceux de la génération post-coloniale. On note une convergence thématique et esthétique chez les poètes de la négritude dont les préférences marquées pour un retour aux sources, par opposition à la politique coloniale, servent de motif à l'élaboration des éléments caractéristiques de l'unité dynamique de la culture africaine. Les poètes de la génération post-coloniale, quant à eux, refusent de se limiter aux spécificités culturelles africaines et cherchent à explorer les sujets associés aux mutations sociopolitiques de tout notre univers. L'ingéniosité de tous ces poètes se manifeste dans leur réussite à établir la corrélation entre leur pensée et la langue française qu'ils font obéir, par moyens de licences, à leurs convenances.