Une histoire humaine de la franc-maçonnerie spéculative

En rédigeant cette «Histoire humaine de la Franc-Maçonnerie spéculative»,
deux directions fondamentales m'ont constamment guidé.
La première était d'éviter le simple exposé des phases du déroulement
maçonnique en courant le risque permanent d'en tuer l'aspect vivant.
La seconde était de songer qu'une telle mise en forme académique et temporelle
dissimulerait les sources d'inspiration profondes qui vont mettre en place,
presque sans s'en rendre compte, les structures de l'édifice maçonnique.
Ainsi l'occidentalisation européenne de la Maçonnerie procède des essais
désespérés de sauvetage de l'empire romain en mêlant à son destin la
masse hostile des premiers chrétiens. Dès lors, c'est du modèle de cet empire,
après sa chute, que l'institution chrétienne va prolonger l'image du
modèle impérial comme idéal de tout pouvoir politique. Peu à peu, une
lente et inégale réunification fait apparaître un Occident actif assurant son
unification par la création du monachisme bientôt suivie de la croisade
des églises dont dérive la naissance de la Franc-Maçonnerie opérative.
Bientôt s'accomplit la marche progressive vers l'Est. Ouvrant la voie aux
échanges, elle ouvre la classe des marchands et artisans mais aussi celle
des idées philosophiques extérieures. Cet ordre bourgeois véhicule des
poussées libertaires. C'est en son sein que s'exaltent les messages des
organisations nouvelles, leurs élites s'ouvrent aux données objectives du
monde qui évoluera bientôt vers l'industrialisme et l'exploitation des classes
ouvrières.
Ainsi va toujours notre monde mais pour combien de temps ?