Pierre Ier de Bretagne, 1213-1237 : Pierre de Dreux, un Capétien sur le trône ducal

En 1212 le roi de France Philippe Auguste choisit son parent Pierre de
Dreux comme époux de la duchesse Alix, l'héritière du duché breton. Il
espère ainsi rattacher un peu plus à la France une Bretagne encore sous
souveraineté anglaise dix ans plus tôt. Le mariage a lieu l'année suivante.
Pierre I<sup>er</sup> reçoit la Bretagne en bail en attendant que son héritier à naître
(le futur Jean I<sup>er</sup>) atteigne sa majorité.
Tant que Philippe Auguste (1180-1223) est roi de France, Pierre I<sup>er</sup> est
d'une fidélité absolue à son souverain à qui il doit tout. En revanche, les
rois Louis VIII (1223-1226) et Saint Louis (1226-1270) s'opposant à ses
ambitions, Pierre n'hésite pas à aller faire hommage au roi d'Angleterre
Henri III ! Mais, à deux reprises, ce dernier se rétracte avant l'affrontement
décisif, obligeant Pierre I<sup>er</sup> à se soumettre au roi de France.
Malgré ces échecs, Pierre I<sup>er</sup>, appliquant les méthodes de sa famille royale
capétienne, reste comme celui qui aura permis l'unification du duché, la
modernisation de son administration et le renforcement de l'autorité
ducale, préfigurant «l'âge d'or de la Bretagne».
Poète, figure exemplaire du chevalier en raison de sa bravoure, le «hardi
breton» mourra en croisé en 1250 après avoir remis les rênes du duché
à son fils en 1237 et être devenu un des personnages les plus prestigieux
de son temps.
Ayant introduit l'hermine (qu'il avait choisie pour briser son blason) en
Bretagne, il est à l'origine du drapeau breton et méritait qu'on lui rende
hommage pour les 800 ans de sa prise de fonctions à la tête du duché.