La Guette

Terre de pauvreté, de dur labeur et d'amour, le haut
pays provençal est resté profondément païen. Les dernières
traces de chrétienté s'effacent maintenant au vent pervers de
la «modernité».
Et nous voilà redevenant ce que nous étions lorsque
nous fimes de ces vallées de peine et de sueurs l'aimable
Provence paysanne acharnée à l'oeuvre passionnelle des
champs, l'âme joyeuse et le maintien de fierté de ceux qui
n'ont de comptes charnels à rendre qu'à Dieu.
Mais si aujourd'hui nous paraissons différents, ce n'est
que d'apparence. Ouvrez les yeux, regardez-nous vivre tels
que moi-même je vois mes compatriotes provençaux à travers
mon enfance, mes anciens et leurs souvenirs. Ils sont pareils
aux gens de La Guette , cette ferme au destin malheureux, île
du diable, perdue dans la mer furieuse des croyances, des
habitudes et des faux-semblants humains passionnants, bouleversants,
si réels.
Ce texte écrit par l'auteur de Toi, Durance et Les Passe-Pays,
un vieil homme bas-alpin de souche, au vocabulaire
d'une richesse rarement égalée dans la littérature de terroir,
est le roman des traditions et des coutumes paysannes
de la Provence.