Les démocrates-chrétiens français face à l'Europe, 1944-1957 : mythes et réalités

L'attitude de la mouvance démocrate-chrétienne, prise dans son
ensemble, face à L'Europe n'avait pas été étudiée jusqu'à présent. Cet
ouvrage comble cette lacune. Il évoque ainsi le MRP, mais aussi les démocrates-chrétiens
passés au gaullisme (Edmond Michelet, Louis
Terrenoire...), ceux qui ont rejoint la gauche (Charles d'Aragon, André
Denis, l'abbé Pierre...) et enfin les intellectuels proches de la famille
démocrate -chrétienne (Jacques Maritain, Jean-Marie Domenach, Hubert
Beuve-Méry...). Il présente les positions des principales revues proches de
cette famille ( Esprit, La Vie intellectuelle... ).
Grâce à l'exploitation d'archives jusqu'alors peu utilisées, notamment
les comptes rendus des rencontres secrètes de Genève qui ont réuni, très
rapidement après la guerre, les dirigeants démocrates-chrétiens d'Europe,
en particulier Georges Bidault et Konrad Adenauer, il devient possible de
réévaluer le rôle de nombreuses personnalités. L'action de Georges
Bidault, mais aussi celle de Robert Schuman ou de Pierre Pflimlin est
ainsi présentée d'une façon nouvelle.
Au terme d'une véritable enquête, certains points cruciaux, jusqu'à
présent restés dans l'ombre, apparaissent : antigermanisme durable d'une
large part des démocrates-chrétiens, hésitations de nombreux membres du
MRP, y compris Robert Schuman, face au processus d'unification européenne,
engagement pro-européen précoce des démocrates-chrétiens
ayant rejoint le général de Gaulle, contestation de la construction européenne
par de nombreux intellectuels de la mouvance démocrate-chrétienne.