Le conte de fées du classicisme aux Lumières

Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, La Chatte
blanche, La Belle et la Bête : autant de titres gravés dans nos
mémoires. Par un coup d'audace, des hommes et des femmes
de lettres s'emparèrent, en plein âge classique, de ces contes
transmis de bouche à oreille pour les transformer en oeuvres
d'art. On leur reproche parfois d'être désuets, misogynes,
moralisateurs ; on ne voit plus à quel point ils ont été novateurs,
féministes, libertaires, nostalgiques d'une enfance avide
de mirifique.
Voici cet éventail de contes pour la première fois exploré
dans toute sa diversité. On voit Perrault et ses amies exploiter
le fantastique pour dénoncer l'oppression des femmes,
Galland réunir les aventures merveilleuses et licencieuses des
Mille et une nuits , ses confrères orientalistes accumuler les
trouvailles, pédagogues et philosophes inventer des récits prodigieux.
Tous créent un genre nouveau tissant des liens subtils
avec le récit libertin, le roman gothique et le conte moral.
On découvre alors toute la force poétique de ces «compositions
enchantées» qui conduisent à la pensée par le rêve, à
l'émotion par l'artifice, au fantastique par le merveilleux.