L'emprise de la gestion : la société au risque des violences gestionnaires

Cet ouvrage s'inscrit dans le prolongement des travaux étudiant
l'emprise du phénomène gestionnaire sur les organisations et, plus
généralement, sur les sociétés. Il fournit un ensemble de regards sociologiques
sur les articulations complexes entre «violences» et «acteurs,
pratiques et dispositifs de gestion». Un large spectre de situations
empiriques est examiné, tant en France qu'en Égypte et au Brésil, aussi
bien dans les sphères marchandes que non marchandes (groupes industriels,
secteur associatif, santé).
Au-delà de la variété des configurations et des dispositifs de gestion
étudiés, ces huit chapitres montrent que les violences liées au fait
gestionnaire se manifestent sur trois niveaux articulés. À un premier
niveau, la violence résulte des transformations macro-politiques qui,
cumulées sur une longue période, modifient les cadres d'action et rendent
incontournables l'introduction et le renouvellement des dispositifs
de gestion. À un deuxième niveau, l'on trouve des acteurs intermédiaires
qui jouent un rôle important pour rendre opérationnelles ces
décisions et, plus ou moins directement, sont à l'origine de l'exercice
de la violence managériale. Enfin, à un troisième niveau, les analyses
de cet ouvrage montrent l'existence d'une violence symbolique qui
s'ajoute ou plus exactement sous-tend les pratiques des différentes
catégories d'acteur. L'ouvrage se conclut par un ensemble de propositions
pour poursuivre l'analyse sociologique du phénomène gestionnaire,
notamment en termes de rapport à l'éthique.