L'éclipse : roman burkinabé

«L'atmosphère était très triste dans la salle du conseil
des ministres du nayiri. Tout le monde était là sauf le
naba Sonré, chef de l'État, chef du gouvernement, chef
du conseil des ministres, chef suprême des forces armées.
Ce n'était donc pas un conseil de ministres ordinaire
mais extraordinaire, réuni et dirigé par le premier
ministre Rébré, obligé par la situation : si le porc-épic
n'est pas à la maison, c'est le hérisson qui fait les libations
aux ancêtres. En effet, l'heure était grave. L'heure
était plus que grave. La nouvelle tant redoutée par toute
la République de Tênga était enfin tombée, venue directement
de l'hôpital militaire de Paris où, depuis plusieurs
jours, le naba Sonré luttait contre la Parque fatale
qui avait fini par l'emporter.»