Quatrains moraux : XVIe et XVIIe siècles

Quatrains moraux : XVIe et XVIIe siècles

Quatrains moraux : XVIe et XVIIe siècles
Éditeur: J. Millon
2008231 pagesISBN 9782841372294
Langue : Français

Plusieurs dizaines de poètes, parfois brillants, ont rivalisé d'ingéniosité

pour enclore dans l'étroit espace de quatre vers autonomes une

loi morale, une méditation philosophique, une paraphrase de l'Écriture,

une pensée de sagesse quotidienne... Le moins méconnu de ces

«poètes tétrastiches» est Guy du Faur de Pibrac, dont les quatrains

(1574-1576) ont longtemps constitué un incontournable manuel pour

l'éducation morale des enfants. Ils se voient ici accompagnés d'autres

recueils, conformément à une longue tradition éditoriale, où l'anthologie

et l'éclectisme sont de mise. Le Président Antoine Favre,

père de Vaugelas, applique à la réflexion morale l'exigence méticuleuse

et le souci du détail du célèbre jurisconsulte qu'il était. Claude

Guichard propose dans ses Quatrains de la vanité du monde (composés

avant 1607) un saisissant commentaire de l'Ecclésiaste où fusent

constamment les images de l'instabilité, de la fugacité et de la métamorphose,

ce qui en fait un chef-d'oeuvre de la poésie baroque. Pierre

Mathieu, à qui on a longtemps attribué le recueil précédent en raison

d'une très sensible parenté de ton et d'esthétique, est probablement

le plus troublant de tous ces poètes ; ses Tablettes de la vie et de

la mort (1610) sont une méditation funèbre et solennelle, sombre et

glaçante, sur la finitude des choses humaines. Auteur plus tardif, et

peut-être rétrograde, Guillaume Colletet, premier critique à avoir

étudié systématiquement le genre, l'illustre à sa façon dans sa

Nouvelle Morale (1658), une oeuvre de forme testamentaire, adressée

à son fils, et empreinte de toute la gravité d'un double chant du

cygne : celui d'un homme, celui d'un genre aussi.

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