Le miniaturiste

Bihzâd peignait en secret l'objet de son
amour ; dans son antre du kitab-khana, là
où des centaines d'artistes illustraient minutieusement
la vie et la gloire de l'empereur Akbar,
lui se consacrait à sa passion interdite. Yeux en
amande, teint d'ivoire, lèvres contres lèvres sous
un ciel bleu lapis bruissant d'oiseaux.
En cette fin du XVI<sup>e</sup> siècle, le très puissant Akbar
règne sur l'empire d'Hindoustan et Bihzâd est
destiné à succéder à son père à la tête de l'atelier
des artistes impériaux. La rébellion de Bihzâd
l'entraînera bien loin des palais ciselés de grès
rose, par-delà les déserts embrasés d'Asie
centrale, aux confins de l'empire d'Akbar.
Dans un récit qui épouse toute la magie
des contes orientaux, tout en abondant en
détails d'une précision historique sans faille,
Le Miniaturiste ressuscite les couleurs
éblouissantes et les ombres de la cour des
empereurs moghols, à travers le regard d'un
artiste qui a vu ce que personne ne devrait
voir. L'invisible au sein du visible, un monde
réel et imparfait caché au sein de la délicate et
trompeuse harmonie des miniatures persanes.