Le musée imaginaire de George Sand : l'ouverture et la médiation

Ces lectures de l'imaginaire sandien se veulent l'image d'une oeuvre
plurielle qui a su conserver dans sa diversité une grande unité. C'est
pourquoi nous avons choisi de les regrouper autour de quelques points
synthétiques qui renvoient tous à cette double problématique : l'ouverture
et la médiation. De nombreuses images, de nombreux thèmes,
de nombreuses figures expriment fréquemment dans l'oeuvre ces deux
axes : la frontière, la voix et la musique, l'éducation, les rapports entre
l'archaïque et la modernité, la pudeur et l'impudeur, le repli et l'ouverture.
L'ouverture, nous la retrouvons aussi bien dans la représentation de
l'espace que dans celle du temps, nous la retrouvons dans la psychologie
des personnages en quête d'une transformation, nous la retrouvons
enfin dans de multiples thèmes comme le voyage ou la musique. La
médiation n'est pas moins sollicitée par l'imaginaire sandien, car l'ouverture
elle-même s'inscrit souvent dans une situation d'échange, de
communication.
La générosité est la clé de la sensibilité et de la pensée sandienne,
une sensibilité et une pensée mobiles, qui concilient les besoins du
repli et de l'ouverture dans un souci naturel d'unité et d'équilibre.
L'ouverture et la médiation nous paraissent structurer en profondeur
un imaginaire qui semble céder naturellement aux sollicitations synthétiques
en tissant avec souplesse des liens entre les éléments opposés.
La vision du monde sandienne englobe, sans artifice, tous les contraires,
car l'imaginaire sandien est d'abord le lieu du relationnel, du dialogue
et de l'échange.