L'évangélisation chez Kä Mana, théologien congolais : lieu et ferment pour la construction d'une Afrique nouvelle

Bâtir une Afrique plus humaine, réconciliée, juste, aimant la paix,
prospère, solidaire et responsable de sa destinée, telle est la tâche de
tous les Africains. C'est aussi la mission de l'Église en ce début du troisième
millénaire chrétien. Pour ce faire, il est impératif de mobiliser
toutes les forces vives. Aucune d'elles ne doit être oubliée. La nouvelle
évangélisation, c'est-à-dire la nouvelle façon d'annoncer le Christ,
espérance de l'Afrique, est le lieu et le ferment pour cette construction.
Le christianisme peut jouer un rôle capital dans le projet de la
reconstruction de l'Afrique. Mais de quel christianisme est-il
question ? Il ne s'agit ni de celui de la catastrophe ni de celui de la
mort mais, bien au contraire, du christianisme de la vie, laquelle trouve
son fondement en Jésus Christ et dans la tradition africaine.
À ce propos, l'oeuvre du théologien congolais Kä Mana retient notre
attention parce qu'il aborde les problèmes de l'évangélisation en Afrique
dans une perspective inédite, oecuménique et globale. Il fait appel
aux énergies spirituelles du continent, pour l'édification d'une Afrique
de l'espoir, qui aime et vit selon les préceptes de Dieu.
Nous avons besoin d'un christianisme engagé et engageant, dont les
éléments clés sont : la foi en Dieu, les actions concrètes, la gestion saine
de la chose publique, le sens de responsabilité, les initiatives spirituelles
et missionnaires, l'oecuménisme théorique et pratique. Ce christianisme
de la vie s'enracine dans la patristique africaine et, pour le réaliser, il
faut des laïcs et des théologiens courageux et engagés ; des pasteurs et
des fidèles convaincus et convaincants.