Lettre d'une amoureuse à l'adresse du pape

Pourquoi, dans la religion catholique, les femmes sont-elles
toujours silencieuses, effacées et dévouées ? Pourquoi ne
sont-elles pas autorisées à prêcher dans les églises, comme
le fit au douzième siècle Hildegarde de Bingen ? Pourquoi
leur parole inspirée, leurs élans mystiques passent-ils pour
suspects, alors qu'au cours de l'histoire chrétienne de
grandes figures telles que saintes Geneviève, Brigitte de
Suède et Catherine de Sienne furent consultées et
louangées par les papes de leur temps ?
Pourquoi, deux mille ans après le geste bouleversant
du Christ qui, à la Résurrection, choisit de se montrer en
premier à Marie-Madeleine, pourquoi l'Église de Pierre
refuse-t-elle l'autorité spirituelle et la parole prophétique
de la femme et ne conçoit-elle le sacré qu'au masculin, à
l'exception de la Vierge Marie ? La mission féminine se
réduit-elle aux soins maternels, à la compassion pour les
faibles et les malheureux ? A-t-on délibérément oublié la
Sagesse propre à la femme accomplie, qui n'a pas besoin
de l'ordination pour éclairer le monde ?
Tendrement polémique, cette Lettre propose une
magnifique méditation sur le Féminin Transcendant qui
se manifeste à travers la Bien-Aimée du Cantique , la figure
médiévale de la Dame, ou encore Marie de Magdala et la
femme «revêtue de soleil» de l' Apocalypse.
Mais elle peut se lire aussi comme un petit traité des
ânesses, des mules et autres bêtes rétives.