Dukla

Sous la lumière de l'aube naissante, le
monde se pare de formes et devient
visible. Cette réalité, qui, selon les
mots d'Andrzej Stasiuk, n'est qu'un
caprice de la lumière, deviendra l'objet
d'une enquête à laquelle se livre le
narrateur dans ses voyages qui aboutissent
invariablement à Dukla - petite
ville aux confins de la Pologne - et
dans ses déplacements dans le temps,
vers son enfance.
Chaque visite à Dukla apporte de nouveaux
éléments à sa quête. Ces éléments,
atomes de la réalité, se réuniront
pour former des événements et
bâtir des paysages, qui à leur tour se
figeront en une suite de tableaux.
Le monde, tel que le décrit l'auteur,
apparaît alors comme une succession
d'images qui, captées par la rétine, se
gravent sur la pellicule sensible de la
mémoire. Ces images sont comme des
plaques photographiques : on peut les
superposer, mais l'image qui en résultera
n'aura gagné ni en netteté, ni
en profondeur de champ. Le monde
pourra alors préserver sa séduisante
opacité.