Les raisins du pardon

Les Raisins du pardon
Charlotte, nourrice auprès d'une famille parisienne, quitte la capitale pour rejoindre la ferme des Moreau, où Célestine, la mère, a besoin d'être épaulée. Prenant à coeur son rôle de gouvernante, Charlotte s'attache rapidement à son employeuse jusqu'à devenir sa confidente. En revanche, elle se voit confrontée à l'accueil contrasté de ses deux fils : Gustave, au tempérament fort et autoritaire, et Maurice, dont elle n'est pas insensible au charme...
« Il me faut à tout prix un enfant qui sera le but de ma vie. Pour commencer, il me faudra un mari... »
Servir un café au lait chez ces gens-là n'avait rien à voir avec le service dû à M. et Mme de Coutances. Charlotte, dévolue à son rôle de nourrice, assistait de loin à ce déploiement d'argenterie sur des napperons empesés. La cuisinière grillait des toasts à la cuisine ; parfois un mitron livrait sur commande des croissants chauds... Tout compte fait, la jeune femme préférait cette simplicité. Sans renier la vie confortable qu'elle menait là-bas, elle acceptait avec lucidité cette bataille qui l'attendait, avec le froid, la rusticité et le caractère de chien d'un monsieur qu'elle refusait comme maître.