Le tapissier et les dispositifs discursifs au Salon (1750-1789) : expographie, critique et opinion

«Ce tapissier Chardin est un espiègle de première force, il est
enchanté quand il a fait quelques bonnes malices ; il est vrai
qu'elles tournent toutes au profit des artistes et du public : du
public, qu'il met à portée de s'éclairer par des comparaisons
rapprochées ; des artistes entre lesquels il établit une lutte tout
à fait périlleuse.»
Dans ce commentaire sur le Salon de 1769, Denis Diderot
se réjouit des effets que provoque la mise en exposition des
oeuvres sur la perception du spectateur et souligne, avec
humour et acuité, le rôle primordial que joue le tapissier
dans la mise en scène de cette présentation.
En s'intéressant à cette figure fondamentale, à l'organisation
de l'espace d'exposition et à son ascendant, cet ouvrage
entend poser un regard neuf sur le Salon de l'Académie de
peinture et de sculpture de Paris durant la seconde moitié
du XVIII<sup>e</sup> siècle. Lieu d'émotion, d'émulation et d'échange,
le Salon devient un espace public où les dispositifs de mise
en exposition se développent, s'expriment et influencent le
regard, le jugement critique et l'opinion du public.