Le b@nquet de Bounite

«L'émigration devint le recours ultime, unique. C'est sur son
socle que Bounite échafauda la plus terrifiante des vengeances. La
machine en marche ne pouvait s'arrêter. De plus en plus
gourmande, elle aspirait les élites, confondait les pères de famille,
soudoyait les dévôts les plus vertueux et soumettait jusqu'aux
éphèbes les plus rétifs.
Le vide se construisait autour du conseil municipal. Plus rien ne
pouvait contrarier la cavalcade conquérante du clavier.
Bounite effrayé par le succès de son entreprise, fut tenté de faire
marche arrière. Ses patients l'en dissuadèrent. Leur esprit était déjà
en Europe. Que pouvait-il retenir en eux ? Rien, sauf à s'exposer au
dérèglement de la machine. Et cela, il ne pouvait l'imaginer...
Alors, engagé dans le pire, il se grisa du pire et s'attendit au
pire».