Rimbaud à Marseille : le dernier voyage

On l'ignore souvent, mais Arthur Rimbaud est mort à Marseille, après une
longue et effroyable agonie. Tout le mérite de ce livre est de nous dévoiler
les derniers mois de souffrance du «poète maudit» à l'hôpital de la
Conception, et ce avec un réel souci de vérité. Mais à travers Rimbaud, c'est
également la ville de Marseille qui, une fois de plus, est la vedette incontestée
de ce livre. Elle est alors en pleine mutation et se remet péniblement des
épreuves terribles de la Commune.
«Tel un météore, une comète, une fulgurance, un coup de grisou, "un passant
considérable", Rimbaud claque très vite la porte de la poésie, à l'âge de
20 ans. Il rêvait de marcher, tête haute, "dans l'affection et le bruit neufs". Il
se savait équipé pour le voyage infernal. Il renonce, se saborde, devient
trafiquant d'armes en Afrique, pour finir grabataire, sur une civière. Le génial
adolescent a incontestablement cru à la validité de l'acte poétique et à son
propre génie. J'ose penser qu'il a très vite douté de la puissance du verbe.
Celui-ci lui est apparu illusion, scintillement, feu follet, satanique. En somme,
l'acte poétique relèverait du merveilleux. Rimbaud poète aurait choisi le
suicide du poète.»
«Il demeure l'un des grands aventuriers de l'esprit. Il nous communique sa
fougue et son frémissement. Il a su fréter le Bateau ivre. »
(Extraits de la préface de Georges Lauris.)