Religion et morale dans la vie et l'oeuvre d'Alphonse Daudet

D'aucuns trouveront peut-être que nous avons été
sévères à l'égard de Daudet. Ce n'est pas un panégyrique
que nous avons voulu écrire, mais une étude
psychologique et un tableau d'histoire littéraire. Pouvions-nous
cacher, à côté des faits tout à l'honneur
du romancier nîmois, d'autres qui le sont moins ?
Par ses ascendances paternelle et maternelle, Daudet
était de souche catholique pratiquante.
Son grand-père, Jacques appartenait à une famille
de cultivateurs fixée à Concoules, petit village entre
Génolhac, dans le Nord du département du Gard, et
Villefort en Lozère. Tout jeune il l'avait quitté, et était
venu à Nîmes, où, dans l'industrie de la soie, il avait
acquis une certaine aisance. Le père d'Alphonse, Vincent,
avait épousé une demoiselle Adeline Reynaud,
née à Nîmes, mais dont les ancêtres possédaient l'importante
ferme de la Vignasse, commune d'Auriolles
dans le Bas Vivarais.
Or, ces deux régions, peu éloignées l'une de l'autre
étaient réputées pour leur foi catholique profonde.