Tableaux de la vie malgache, 1952-1959

En 1952, Prix de Madagascar au Salon de l'Outre-mer, Robert Fernier
part pour l'océan Indien. Il y effectuera trois longs séjours jusqu'en 1959,
observateur amoureux des hommes, des oiseaux et des plantes.
Ses carnets de croquis, les aquarelles et les notes qu'il consigne partout, des
peintures brossées dans la hâte de l'inspiration, témoignent de sa passion
pour ce monde si éloigné de la rationalité occidentale. Il fait souche avec
le mode de pensée, les standards de vie des ethnies qu'il fréquente. À ceux
qui lui écrivent de France, il répond : «les sauvages sont à Paris, ici sont les
hommes de raison».
Sa moisson de peintures, d'observations, de photos, est fantastique mais
dispersée par les bouleversements politiques qui ont suivi. L'état d'une
société primitive telle qu'il l'a croisée à Madagascar, est un document
ethnographique rare. Retourne-t-on les morts, il est là ! Sacrifie-t-on des
troupeaux de zébus, il est là ! Un grand chef du Sud se marie, il est de la
noce ! On pêche le coelacanthe, il est au port ! On cueille l'ylang-ylang, il est
de la fête ! Le cyclone passe, il le raconte !
Il regarde Madagascar comme il regardait son Jura, avec la même soif de voir
derrière le miroir. Après l'âme comtoise, l'âme malgache...