Derniers jours à la prison du Temple : journal de la fille de Louis XVI et Marie-Antoinette

«Mon frère dormait, ils l'arrachèrent de son lit avec dureté, pour
fouiller dedans. Ma mère le prit dans ses bras tout transi de froid.
Ils fouillèrent ensuite nos poches. Ils ôtèrent à ma mère une adresse
de marchand qu'elle avait conservée, un bâton de cire à cacheter
qu'ils trouvèrent chez ma tante, et à moi ils me prirent un sacré coeur
de Jésus, et une Prière pour la France. »
Très tôt le malheur s'abat sur Marie Thérèse Charlotte de
France, plus communément appelée Madame Royale. Chassée
du château de Versailles pour être enfermée à la prison du
Temple avec sa famille, Marie-Thérèse connaît les souffrances
du deuil, en voyant périr sur l'échafaud son père, Louis XVI, sa
mère, Marie-Antoinette, et sa tante, Élisabeth, et en entendant
l'agonie de son jeune frère, Louis XVII, alors âgé de dix ans.
Madame Royale refuse de s'enfoncer dans le mutisme, par
force de caractère. Face à la tragédie, elle consigne dans un
mémoire les faits marquants de sa captivité. Quelques années
plus tard, durant son exil, elle rédige un second texte, ses souvenirs
des premières heures de la Révolution. Ces écrits poignants
constituent un témoignage précieux, celui d'une victime
innocente et d'une femme courageuse. Seule survivante du
Temple, Madame Royale laissera son empreinte sur le XIX<sup>e</sup>
siècle, conquis par sa force d'âme et sa compassion.