Fondation Raoul Follereau : la contre-enquête

Dans l'opinion publique, la Fondation Raoul Follereau est encore souvent
auréolée de considération et même de prestige. Or, le livre de Romain
Gallaud, Fondation Raoul Follereau, la contre-enquête , sur la base d'une
enquête très fouillée et de données circonstanciées, lance un message de
prudence et de vigilance.
Le monde des organismes caritatifs est devenu, parfois pour le meilleur,
mais souvent pour le pire, un monde de «charity business» dans lequel la
générosité publique est sollicitée selon des règles de marketing proches de
celles usitées pour vendre des lessives ou des parfums. Un tournant aussi
inéluctable que décisif.
C'est dans ce contexte qu'il faut analyser la réécriture historique de la figure
même de Raoul Follereau. Il est en effet clairement établi aujourd'hui que le
véritable Raoul Follereau est très éloigné de l'image soigneusement marketée
que ses héritiers cherchent à lui attribuer à coups de millions d'euros de
frais de communication, allant même jusqu'à initier des démarches en vue
d'obtenir sa canonisation par l'Église catholique : car celui qui prétendait
n'avoir vécu que pour la cause des lépreux fut en réalité, au moins de 1927
à 1945, le dirigeant hyperactif d'une ligue d'extrême droite au service des
conceptions portées par, entre autres tristes figures de l'époque, Mussolini,
Maurras, Coston ou le régime de Vichy.
Au-delà de ces impostures, le décryptage des comptes annuels et de
l'organigramme juridique du groupe Follereau est très révélateur : entre
opacité financière suspecte et népotisme avéré, une famille, dont le père,
André Récipon, revendique des convictions d'extrême-droite dans le droit
fil de celles de Raoul Follereau, a créé une situation de très grave scandale
moral.
Pour différentes raisons, ceux qui devraient s'insurger se taisent. Mais les
faits crient !