Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid : quintils bancroches

Placés sous le signe doublement instrumental de l'incipit du Neveu de Rameau, les quintils claudiquent proso- diquement dans une orchestration savante et tempérée, la mieux à même de tisser un rapport intime au monde, tout en invoquant les fantômes passés ou à venir - ressourcement erratique, poètes fraternels et rédempteurs, éclats de vie et mort incestueuses, insolubles corps-à-l'âme. Entre Espagnes et Russies anarcho-messianiques qui, comme Pio Baroja l'avait deviné, se rejoignent aux deux extrêmes du cosmos eurasien, irrationnel par définition, « source de toute distorsion poétique du réel ».
Trois modes de lecture possibles :
Horizontalement, les quintils des pages paires et impaires se déchiffrant face à face comme dans un miroir.
Verticalement, les pages côté gauche, thématiquement plus proches du vécu concret, de la « leçon de choses » ; les pages côté droit, sorte d'hommage à quelques-uns des poètes qui ont articulé l'existence de l'auteur.
Strophes saisies au hasard, sans exclure un exercice de virgilienne poémancie.