La soupe à la chaussette : mémoires d'un ch'ti, paysan et poète

Né en 1901 dans le Pas-de-Calais d'une famille
modeste de paysans, René Barde se sent d'emblée,
dans ce milieu frustre, hors de «son» monde. Celui
des rêves et de cet irrépressible besoin de perfection.
La littérature, qu'il découvre avec émotion, lui donne le
sentiment qu'il peut exister par elle. Ami d'enfance du
peintre Édouard Pignon, il se résigne à le suivre à Paris. Les
deux jeunes hommes nourrissent de grands espoirs, l'un
pour son pinceau, l'autre pour sa plume.
Les lignes radicales de Barde, ses positions farouches lui
valent la considération de Romain Rolland, Marcel
Martinet, Gabriel Marcel ou Léon Chestov... mais d'aucun
éditeur.
Déchiré entre les Lettres parisiennes, qui le rejettent, et cette
damnée terre accrochée à ses sabots, qu'il aime pourtant, il
refuse le moindre compromis, jusqu'à l'aliénation, la
clochardisation.
Voici son histoire. Il y dépeint, non sans humour souvent,
une vie pendant la première moitié du XX<sup>ème</sup> siècle, dans
cette France de pauvres et de besogneux, de petites frappes
et de grands espoirs.