Gracchus Babeuf, Robespierre et les tyrans. Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier

Gracchus Babeuf, Robespierre et les tyrans. Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier

Gracchus Babeuf, Robespierre et les tyrans. Du système de dépopulation ou La vie et les crimes de Carrier
Éditeur: L'Harmattan
2011369 pagesISBN 9782296542044
Format: BrochéLangue : Français

Babeuf, pendant l'épisode qui suivit la chute de Robespierre, écrivit

contre les tyrans, ironisa contre les Jacobins et maudit le système de

gouvernement révolutionnaire. Il est d'usage, de nos jours, après que

nos penseurs patentés nous ont détrompés et débarrassés des vieilles

croyances sous le nom d'idéologies ; qu'ils ont rejeté Michelet dans la

mythologie et Marx dans la fureur communiste, de voir en Robespierre

l'odieux tyran, qui jeta la Révolution dans la Terreur. Cette préfigure

du régime totalitaire se lit fort aisément lorsqu'on a recours aux écrits,

discours, journaux, mémoires du temps thermidorien où nos penseurs

se trouvent en terre amie.

Or il advient que Gracchus Babeuf, traîné dans la boue par les gens de

bien, est lui-même utilisé pour conforter cette figure du tyran abattu

par les Justes. C'est un peu trop pousser le délire, ou l'usurpation ; car

ce on-dit est fondé sur l'ignorance et l'usage fallacieux des sources, le

détournement du sens sous l'écrasante idéologie de la liberté normale,

de la société apaisée, du progrès de civilisation, bref de tout ce qu'il

nous est recommandé de croire, sous peine d'être trouvé

antidémocrate.

Qu'a montré Babeuf ? Que la révolution en thermidor an 2 est loin

d'être achevée ; que les riches, les ambitieux, les intrigants y ont

prévalu depuis 1789 ; que la République est à fonder, qu'on est

toujours en travail de liberté ; que les crimes commis, loin d'être dus

aux excès des furieux et à l'ambition du pire d'entre eux, résultent de

la désappropriation du peuple souverain, de l'usurpation par ses

mandataires, qui se sont emparés du pouvoir, en lieu et place de

l'autorité légitime. Et celle-ci ne peut être trouvée que dans l'état

social, après que l'accaparement, l'ambition, le désir de puissance

auront été abolis. C'est pourquoi le gouvernement révolutionnaire, mis

entre les mains d'imposteurs, populaires en paroles, brigands en actes,

a provoqué cette tyrannie dont l'humanité fut atteinte.

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