Mémoires de ma vie morte : galanteries, méditations, souvenirs, soliloques et conseils aux amants avec des réflexions variées sur la vertue et le mérite

Les Mémoires de ma vie morte de George
Moore (1852-1933) sortent enfin de
l'oubli. Ressuscitant le Paris des années
1870, l'écrivain irlandais en laisse un tableau
éblouissant, espiègle et profond.
Montmartre, les grands boulevards, la
Concorde, c'est toute la «ville païenne»
qui saute aux yeux. Voici Verlaine, Huysmans,
Villiers de l'Isle-Adam, mais aussi
Cézanne et Manet. La partie anglaise
est plus mélancolique, plus acérée. Moore
sait tout dire, tout exprimer. Il sait être
sensible comme Nerval et drôle comme
Oscar Wilde. Les pages finales, consacrées
à l'enterrement de sa mère en Irlande,
composent une superbe méditation sur
le temps. Heureusement, «nous n'avons
du présent qu'une idée inconsciente, sans quoi
nous ne pourrions pas vivre». George
Moore a bien vécu, et beaucoup ressenti.