Chanson de l'iguane sur un réverbère

Chanson de l'iguane sur un réverbère
Le poète-iguane a frappé doucement à la porte. On donne une réception chez le Roi-Lézard. Petites lunettes et souliers pointus. Physionomie baroque d'Homme-Satie ou d'Homme-Prague. Il y a du monde à la fête. Mais tous l'aiment bien. « Ami de grands chemins », en somme. Sur le chemin, des dames - ce recueil est aussi un carnet de bal. Des dames sous les marronniers. Avec le thé, il a pris une énorme part du gâteau de l'amitié.
L'été finit-il ? Celui qui n'a jamais été aussi jeune le dira. Il vogue sur la vie. On ne badine pas avec ce dilettante. A quoi bon l'art, s'il n'y a pas lieu de s'amuser ?
Le ciel se couvre sur les convives. Fin du bel après-midi. « Et le sablier s'accélère ». Rentrons avant que les réverbères ne s'allument.
Coeur chic, il joua Tchekhov. Coeur grave comme un infant de Velasquez donnant la main à l'arlequin de Picasso. Cri du coeur : « Eau trouble et dispute générale ». Quand il n'y a plus qu'à constater « l'écoeurement des cuisines à la petite semaine »... Mal d'être.
Dès lors, il appelle Bertin et Vasca, Duras et tant d'autres. « Quel marginal du réel m'apportera ma ration de poésie quotidienne ? »
Puis il montera sur les planches pour rejaillir. Détaché, toujours. N'applaudissez pas. « Je ne faisais que passer ».