Enfance et genre : de la construction sociale des rapports de genre et ses conséquences

Le présent ouvrage entend contribuer à la compréhension des mécanismes et enjeux sociaux
qui trouvent leur origine dans les espaces de l'enfance pour inscrire les individus mâle
et femelle durablement dans des mondes sexués au sein desquels les transgressions de
genre sont souvent limitées et toujours sanctionnées socialement (par le mépris, la moquerie, la
violence...). Poursuivant l'objectif de dénaturalisation des rapports sociaux de sexe, les différentes
contributions analysent quelques-uns des acteurs (l'ami-e, la mère, le père, l'enseignant-e...),
des espaces (l'école, les mondes du spectacle...), des objets (manuels scolaires, jouets, produits de
soin corporel...) qui, par leurs croisements, leurs chevauchements, leurs mises en tension aussi,
font et défont le genre au gré des interactions quotidiennes et des structures sociales et mentales. Si
chacune des dimensions de socialisation apporte ses ajustements, ses colorations spécifiques, les
éléments de construction de soi de l'enfance marquent les individus dans le temps (qu'il s'agisse
pour l'individu de s'inscrire dans la continuité, dans l'opposition, dans le déplacement ou le
détournement des pratiques et usages) et ont des effets sur les aspirations sociales, les pratiques
et les rapports sociaux entre femmes et hommes au quotidien. Telle est l'hypothèse centrale qui
guide la démonstration d'ensemble.