Ouvriers et capital

Le grand livre de Mario Tronti est le texte philosophique le plus
ambitieux produit par la «séquence rouge» italienne.
Ouvriers et capital formule les positions de l'opéraïsme,
en particulier la centralité ouvrière incarnée durant le cycle
de lutte qui secoua l'Italie des années soixante par la figure
de l'ouvrier-masse. L'auteur procède à une appropriation critique
de Marx pour concevoir une théorie du capitalisme avancé.
Il y affirme le primat des luttes ouvrières sur l'histoire du
développement capitaliste, l'irréductibilité de la Classe ouvrière
aux structures sociales propres au capitalisme moderne,
la partialité assumée du «point de vue» ouvrier qui, seule, rend
possible d'appréhender le système social du point de vue de son
renversement. Alors qu'aujourd'hui advient le passage
de WWla centralité à la marginalité il reste de cet ouvrage emblématique
une véritable pensée de l'action dans le conflit, une
«politique du conflit».