Liberté politique, n° 31. La loi de 1905 : une question dépassée

Réviser la loi de 1905, une question dépassée ? La loi de séparation des
Églises et de l'État a cent ans. La crispation des esprits autour de son éventuelle modification
est révélatrice des tensions historiques qui ont toujours habité les relations entre
les pouvoirs civils et religieux en France, avant et après la Révolution de 1789. En 1905,
la société est toujours chrétienne. Ce n'est plus le cas en 2005. Que signifie aujourd'hui
la «reconnaissance légale du culte» ? Comment traiter le cas des sectes ? Quelles applications
dans l'enseignement ? Au-delà du changement de la loi, c'est bien la montée en
puissance du laïcisme idéologique qui constitue le défi majeur du pouvoir politique.
Tocqueville et le malaise démocratique. 2005, c'est aussi l'année
Tocqueville, dont la France commémore le bicentenaire de la naissance (1805). Liberté
politique s'associe à l'hommage qui est rendu à l'auteur de La Démocratie en Amérique
(1840) et de L'Ancien Régime et la Révolution (1856) en évoquant le génie visionnaire d'un
homme qui le premier avait saisi les dangers du tout démocratique. Quand le règne de
l'égalité absolue soumet les individus «libérés» aux défaillances de la morale commune,
ils ne peuvent survivre que par l'invention de nouveaux conformismes, de plus en plus
contraignants. Est-ce là l'ambition d'une juste démocratie ?