La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance

Longtemps les gauches se sont crues en pays de
cocagne : il fallait toujours faire croître le gâteau (PIB)
avant de pouvoir le répartir plus équitablement. Il est
maintenant évident qu'il n'est pas possible d'avoir une
croissance infinie dans un monde fini. L'enjeu est donc
d'apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup
moins. La crise est l'occasion de démentir tous ceux
qui rêvaient d'une société d'abondance. Apprenons à
devenir des «partageux» !
Paul Ariès pulvérise avec brio les idéologies du progrès
et de la croissance qui continuent à coloniser
notre imaginaire. À partir d'une (re)lecture systématique
de tous les courants des gauches (socialiste utopique,
libertaire, chrétien, marxiste officiel et hétérodoxe),
il revient sur le combat qui oppose depuis deux
siècles gauches productiviste et antiproductiviste.
L'effondrement environnemental peut être une chance
pour inventer une gauche antiproductiviste et optimiste.
Il montre également comment l'histoire sociale
a été truquée : les milieux populaires ont toujours été
antiproductivistes.
L'enjeu est de réinventer l'avenir autour de l'idée de
gratuité. Pourquoi payer son eau le même prix pour
faire son ménage et remplir sa piscine privée ? Pourquoi
payer son énergie le même prix pour une consommation
normale et un gaspillage ?