Gérard Philipe, un acteur dans son temps : exposition, Paris, Bibliothèque nationale de France, galerie Mazarine, 8 octobre 2003-25 janvier 2004

Nulle date anniversaire n'impose un hommage à Gérard Philipe,
dont la disparition brutale en 1959, à l'âge de trente-sept ans, bouleversa
le monde. «Ange foudroyé», «prince de la scène et de l'écran»,
«héros romantique», «légende d'un demi-siècle», «éternelle jeunesse»,
les termes n'ont pas manqué depuis sa mort pour saluer celui qui fut
un inoubliable Lorenzaccio, mais aussi le Fabrice de La Chartreuse de Parme
ou le jeune amant du Diable au corps.
De l'ange de Sodome et Gomorrhe (Jean Giraudoux, 1943), son premier succès
à la scène, jusqu'au secrétaire Vásquez, sa dernière prestation
dans La fièvre monte à El Pao (Luis Buñuel, 1959), ce comédien d'exception
trace son chemin au cours de quinze années bien remplies au théâtre
(vingt pièces) et au cinéma (trente films). Pour la France des années cinquante,
désireuse d'oublier vite «les événements», les films qu'il interprète offrent
un refuge dans l'humour et l'histoire en costumes, et son souvenir théâtral vit
encore dans la mémoire des spectateurs d'alors, pour qui les représentations
du Cid ou du Prince de Hombourg restent des moments de légende.
Avec son épouse, Anne, cinéaste, ethnologue et écrivain, il plonge au coeur
des mouvements politiques et sociaux qui agitent le monde : guerre froide,
péril atomique... Entre le modèle américain et le modèle soviétique,
le consumérisme et l'utopie communiste, Gérard Philipe fait son choix
et le fait percevoir jusque dans le métier : il entre ainsi au TNP et s'engage
aux côtés de Jean Vilar dans une vision renouvelée du rôle social du théâtre.
Sa beauté, une vie brève et une carrière fulgurante ne sauraient à elles seules
expliquer l'attrait qu'il exerce aujourd'hui encore. Sa séduction tient
sans doute à la «résistance» que Gérard Philipe oppose à toute réduction
simpliste de son personnage, sur lequel des proches, témoins,
écrivains, spécialistes, portent ici des regards croisés,
remarquablement servis par une illustration puisée en grande partie
dans les collections de la Bibliothèque nationale de France.
Avec un disque compact de 52 minutes.
La voix de Gérard Philipe.
Enregistrements rares ou inédits :
théâtre, lecture, interviews, hommages.