Un espion au Vatican, 1941-1945 : récit

À ceux qui doutaient que le Yougoslave Branko Bokun
(1920-2011) ait pu prendre un bain de soleil sur l'île
de Ponza avec Mussolini prisonnier, il répondait que
«dans ces années-là tout semblait irréel». Entre
roman noir et document historique, tension dramatique
et dolce vita, telle est bien l'impression que laisse son
singulier témoignage sur la Seconde Guerre mondiale.
En 1941 il s'installe à Rome, officiellement comme
membre de la Croix-Rouge, officieusement pour alerter
Pie XII sur les massacres de Serbes orthodoxes et
de Juifs perpétrés par des Croates catholiques avec
la bénédiction du clergé. Dans cette Ville éternelle et
interlope qui est successivement celle des fascistes,
des occupants allemands et des libérateurs américains,
il côtoie quelques hommes de bonne volonté et
beaucoup de cyniques, des petites gens qui pratiquent
l'art du double jeu et des espions de toutes nationalités
qui finissent par ne plus savoir pour qui ils travaillent.