Le dernier amour

Le Dernier amour
- Certainement l'adultère est un crime, puisque c'est la violation d'un serment ; mais quel châtiment appliquerez-vous dont celui qui l'inflige ne soit pas fatalement solidaire ? Il doit y avoir pour l'un comme pour l'autre une autre solution.
- Laquelle ? s'écria-t-on de toutes parts. Si vous l'avez trouvée, vous êtes habile !
- Je ne l'ai peut-être pas trouvée, répondit modestement le vieux Sylvestre ; mais je l'ai beaucoup cherchée. J'ai essayé de trouver le châtiment qui moralise, je n'en ai jamais conçu d'autre.
- Quel est-il ? L'abandon ?
- Non.
- Le mépris ?
- Encore moins.
- La haine ?
- L'amitié !
On se regarda ; les uns riaient, les autres ne comprenaient pas.
- Je vous parais insensé ou niais, reprit tranquillement M. Sylvestre. Mais ceci demanderait de trop longues explications : il est dix heures, et je ne veux pas inquiéter mes hôtes. Je vous demande la permission de m'esquiver.