Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin

Adam Gesbeaut en proie à un délire schizophrérique,
guette l'ombre à travers la fenêtre de sa cellule, et
tente d'échapper au regard du père et à l'appel de Dieu.
L'espace et le temps s'abolissent, les personnages se
dédoublent pour dépeindre une fresque où seuls les fous
sont sains d'esprit.
Qui est cette vieille clocharde qui s'offre à tous sur un
banc de Port-au-Prince ? Et ce président, pantin dangereux
de sa folie destructive ? Et ces têtes coupées, ces
masques que ce même président collectionne pour
endosser des identités plus supportables ? Et combien
de fois peut-on tuer un homme ?
Cette dérive haletante que les personnages de Gary
Victor subissent sans un seul instant de répit nous
touche au plus profond de nous-mêmes. Serions-nous
tous devenus fous ?
Gary Victor ajoute avec ce roman une pierre essentielle à
l'oeuvre magistrale qu'il construit livre après livre. Il exceile dans
une écriture à nulle autre pareille, dictée par l'urgence, frôlant la
folie, imprégnée de cette société haïtienne abandonnée aux
pires abominations dont l'être humain est capable.
Gary Victor a obtenu le prix du Livre insulaire avec À l'angle des
rues parallèles.