Deadlines

Histoires d'étreintes. Des étreintes qui sont des chocs, des
attentats. Les corps sont fragiles mais denses. D'une violence
expressionniste, ces nouvelles, pleines de secousses et de fureur,
sont celles du franchissement de seuils. Les deadlines sont des
points où les êtres vacillent, projetés hors d'eux-mêmes. Points
d'achèvement de métamorphoses obscures, où l'on devient étranger
à soi-même, à l'autre. Ou limites au-delà desquelles on entre dans
l'irréparable. Exaltations et désastres du passage à l'acte.
Dans le «bonheur blanc» d'un paysage de neige, une femme
percute son mari. Désir de meurtre, soudain ? Après une nuit de
paradis artificiels, un ouvrier rencontre l'aube. Etreinte souveraine
mais impossible. Un psychanalyste s'éprend du chien de sa patiente.
Sur son lit d'agonie, un malade s'offre aux caresses et à la dévoration
d'une bête kafkaïenne. Dans un bar de Cassis, un homme danse avec
un fauteuil roulant. Un gardien de musée découvre, en même temps
que la beauté déchirante des Christ en croix, l'énigme de sa
sexualité. Les corps chutent, se heurtent, se frappent, mais le désir
de la rencontre reste entier, inentamable.