Le goût de Salzbourg

Contrairement à Vienne qui s'enorgueillit,
entre autres, de son «beau Danube bleu», de son
chocolat, de ses valses, de son psychanalyste et de ses
cafés, Salzbourg semble n'exister aujourd'hui que pour
et par la gloire de son enfant unique, Wolfgang Amadeus
Mozart, né le 27 janvier 1756. Comme si la beauté musicale
avait éclipsé, depuis, toutes les autres facettes du lieu.
Salzbourg est pourtant une ville complexe, un point
névralgique de l'Europe, à la croisée des chemins
et des époques. Sur ses tables, on trouve gibier, strudels
aux pommes, quenelles aux abricots, bières ambrées, bretzels
brûlants, desserts au sureau et autres senteurs épicées.
Les Salzbourgeois ont l'humeur généreuse mais une aura
de mystère enveloppe encore leur ville. Salzbourg invite
à l'introspection, éveille la nostalgie : écrivains et poètes
ont été sensibles à son atmosphère mystérieuse.
Georg Trakl, Stefan Zweig, Gérard de Nerval, François
Mauriac, Peter Handke, Philippe Jaccottet, Pierre Jean Jouve,
Arthur Schnitzler, et bien d'autres, seront nos guides
dans cette «Rome des Alpes».