Ecrire la guerre : les carnets d'un poilu,1914-1919

Écrire la guerre pour mieux la décrire,
c'est la mission que se donne Joseph le
Segretain du Patis dès les premiers
jours de sa mobilisation, il couche son
quotidien et celui de ses camarades sur de
petits carnets qui lui survivront et que sa
famille a décidé aujourd'hui de porter à la
connaissance du plus grand nombre.
Ainsi s'ouvrent des pistes de compréhension
d'une guerre totale de la part d'un homme
érudit qui relate sobrement son baptême du
feu le 18 octobre 1914 : «un camarade tué». Ou
encore quand sa «compagnie endosse la
corvée des morts en 1<sup>re</sup> ligne. C'est très
dangereux car il faut aller sur la plaine et les
balles sifflent... 50 corps ou débris ont été
arrachés des fils de fer...»
Comment ne pas comparer les tranchées à
ce vieux carton dans lequel toutes ces lignes
attendaient patiemment d'être lues ? Au fond,
la boue, la rage, le désespoir, dehors la mort ou
la délivrance mais l'Espoir.
Joseph le Segretain du Patis ne dit pas autre
chose quand il confie ses écrits au Temps
comme une sorte d'immortalité. Soutenu par
une grande Foi, son amour de la France est
tellement fort qu'il en saisit le lecteur.
Témoin, sans concession, de décisions
injustes, de jugements hâtifs et d'exécutions
brutales, il puise dans tous les moments
difficiles la force pour continuer, nanti d'un
formidable optimisme.
Écrire la guerre n'est pas seulement un
recueil de carnets de «poilu», il permet de
réfléchir à notre quotidien, à la façon de
transmettre des valeurs, à la faculté de Croire.
En les exhumant, sa famille poursuit l'oeuvre
commune de partage.