La mort est une habitude

Un homme peut-il vivre normalement quand il a
passé plus de vingt ans dans l'enfer des camps de
rééducation par le travail ? Quelles relations peut-il
nouer avec les femmes quand il ne les a si longtemps
fréquentées qu'en rêve ? Comment voit-il la mort,
lui qui l'a tant véçue ?
Tels sont les thèmes qu'aborde Zhang Xianliang
dans ce roman largement autobiographique écrit au fil
de plusieurs voyages en Occident, à la fin des années
quatre-vingt. Intellectuel condamné par le régime
chinois aux pires souffrances physiques et morales
- de la sous-alimentation chronique à un simulacre
d'exécution -, il n'en finit pas de conjurer un passé
impossible à assimiler.
Pour se défendre contre sa mémoire, il lui reste trois
armes : son intelligence, son humour et son talent
d'écrivain qui se conjuguent ici pour aboutir à la poignante
méditation d'un homme sur son passé, sur la
Chine, et, plus largement, sur l'amour et la difficulté
d'être au monde.