Coeur indigné : autobiographie d'un ouvrier noir

Coeur indigné
Petit-fils d'esclaves, Charles Denby (1907-1983) passe son
enfance sur une grande plantation de coton de l'Alabama
avant d'aller chercher du travail dans les usines automobiles de Detroit où il deviendra un militant syndical
pugnace. Sur la plantation, la grand-mère raconte ses
souvenirs du temps de l'esclavage, les métayers noirs se
défendent comme ils le peuvent contre les exactions des
propriétaires blancs, et les jeunes partent vers le Nord où
ils espèrent échapper au racisme et à l'exploitation. Mais
dans les usines du Nord, les Afro-Américains sont relégués aux postes les plus durs, les moins qualifiés et les plus
mal payés - et les dirigeants syndicaux les incitent uniquement à prendre patience. Alors Denby apprend à se
battre. En pleine Seconde Guerre mondiale, il organise
une grève sauvage dans son atelier et se lie avec des militants trotskistes. Profondément déçu par le racisme rampant des organisations politiques avec lesquelles il entre
en contact, il poursuit son chemin en compagnie d'opposants de gauche. En 1955, il devient rédacteur en chef d'un
journal ouvrier, News and Letters , dans lequel il rend
compte de l'émergence du Mouvement pour les droits
civiques. Ouvrier de production dans l'industrie automobile de 1943 jusqu'à sa retraite en 1973, il observe aussi les
évolutions du militantisme ouvrier et l'émergence du
nationalisme noir. Ce témoignage remarquable souvent
teinté d'humour se lit aussi comme la chronique pleine
d'espoir des actes de résistance par lesquels les opprimés
et les exploités cherchent à se libérer de leurs chaînes.