Le travail de collaboration avec les élus

Le travail politique n'est pas une activité solitaire
d'un élu dans une institution. Il n'est pas non plus
uniquement encadré, aidé et soutenu par les
fonctionnaires en poste (des administrateurs du Parlement
aux directeurs des services des collectivités territoriales)
ou par les groupes structurés autour d'un parti ou
d'une «famille politique». Depuis le milieu des
années 1970, le recrutement de collaborateurs a été
officiellement autorisé par l'octroi de simples crédits
permettant de les rémunérer. Devenus depuis des
agents participant au travail dans l'institution, ces
collaborateurs (assistants parlementaires, membres des
cabinets des collectivités territoriales, secrétaires de
mairie) se sont imposés, certains sous une forme
collective (les cabinets), d'autres sous une forme
individuelle (les conseillers et attachés). Tous entourent,
encadrent, anticipent, écoutent et rendent compte :
ils pallient la difficulté éprouvée par nombre d'élus à
ne plus pouvoir satisfaire seuls les obligations de leurs
mandats électifs.
Cet ouvrage, le premier à se pencher sur cette
transformation du métier politique par la division
nouvelle du travail politique entre les élus et leurs
collaborateurs, a un double objectif. Cerner les catégories
de personnels qui composent cette nébuleuse des
collaborateurs aux carrières peu connues et comprendre
la part qu'ils prennent au travail politique et la relation
particulière qu'ils nouent avec leurs élus et les institutions.
L'équipe de chercheurs qui a collaboré à cet ouvrage
espère avoir ainsi offert une meilleur compréhension des
conditions dans lesquelles une partie du travail politique
s'effectue, la partie la moins visible, la plus fantasmée, celle
des «hommes de l'ombre».
Ouvrage publié avec le soutien de la chaire de Sociologie
historique de la politique de l'Institut universitaire de France et
le concours du master de science politique de l'Université Paris
X Nanterre (Sociologie politique comparative et Travail politique
et parlementaire).