Ma béquille adorée

Ma béquille adorée
Depuis la Glorieuse Contre-Révolution de 1978, la guerre fait rage entre les chiffres clés 1 et 2.
Le chiffre sacré Un recouvre et valorise l'union, l'unité, l'uniformité, l'unanimité, le monologue, la monarchie, le monothéisme, la monogamie....
Le chiffre maléfique Deux, lui, s'applique à la discorde, à la discussion, au discrédit, à la sédition, à la dialectique, au diable.
C'est pourquoi on a jeté l'opprobre sur les animaux au sabot fendu, il est interdit, de casser les os de l'animal dont consomme la viande, on a frappé d'anathème les êtres amphibies, une malédiction pèse, dans certains pays d'Afrique, sur la naissance d'enfants jumeaux ou albinos ...
Dans notre pays, heureusement, le héros positif, sur scène, c'est l'unijambiste qui sautille et fait des moulinets avec sa béquille...
Regardez les personnages se mouvoir et s'agiter en scène : il y a là, Ankili Gningui, son épouse Binti Swafi, leurs enfants Mingo Trotro et Yasmina, le chirurgien Kavats Taambou, l'imam Nélédzé Piya, le journaliste étranger Pipex le Chinois, le dissident, raisonneur, Dialek-le-Fou, le grand notable libidineux Mbowo Mbili, le simple d'esprit Daba, le redoutable commissaire de police Mgoguéa, le commerçant Faïda Mbili...
Sans oublier les politiciens, d'abord le Vice Présidant puis, les 12 ministres qui dirigent le pays : celui des Affaires douteuses, celui de la Privatisation des biens publics, celui désarmé, celui de la Production des Deux Mamelles, celui chargé du Formatage des Esprits, celui chargé de la Désinformation, celui chargé de l'Application des Lois Iniques, celui chargé de l'Inculture, celui chargé des Transports Sans Visa et Sans Retour, celui chargé de l'Espace Vert, celui chargé du Tourisme, celui chargé de la Conformité et du Conformisme.