Johanna

Puis, longtemps plus tard, c'est tante Nik qui vint mettre une
main sur mon front, je la fixai et je vis ses yeux chavirer, elle ne cria
pas mais j'entendis son hurlement derrière la main qu'elle avait mise
sur sa bouche. Ses yeux disaient tout, elle avait lu dans les miens,
elle comprenait, elle savait et se sauva, me laissant entre les bras
glacés de Grand-Mère. Les chuchotements haussèrent d'un ton, la
porte, on l'ouvrit sans ménagement et je vis au-dessus de moi les
cinq têtes des tantes, qui me regardaient effrayées, plus encore que
moi. Tante Nik voulut repousser les mains de Grand-Mère, qui me
tenaient contre elle, morte, glacée, mais elle ne put me dégager. Les
tantes, tétanisées de me voir là, contre leur mère, serré dans les
bras déjà raidis de la mort, la mort, la mort. Je n'entendis plus que
ce mot : la mort.
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