Liège entre guerre et paix : contribution à l'histoire politique de la principauté de Liège (1744-1755)

Avec l'élection de Jean-Théodore, duc de Bavière,
frère de l'empereur Charles VII, au siège
épiscopal de Liège, la principauté va malgré elle
se trouver entraînée dans le tourbillon désastreux
de la guerre de Succession d'Autriche.
Au cours de cette période, elle verra à diverses
reprises sa neutralité bafouée, son territoire
occupé, sa population molestée ; elle sera par
deux fois le théâtre d'affrontements sanglants, à
Rocourt et à Laeffelt. Elle connaîtra également
les affres de nombreux quartiers d'hiver avec
leur lot de misère, de violence et de souffrance,
au point que les contemporains n'hésiteront pas
à comparer cette époque à celle du sac de Liège
par Charles le Téméraire.
La paix retrouvée, les Liégeois vont s'efforcer de
reconstruire leur patrie. Une de leur première
préoccupation sera le recouvrement de dettes
de guerre d'un montant pharaonique : 12 millions
de livres. Leur second souci sera de rétablir
avec leurs principaux voisins des relations
harmonieuses. Mais sans succès. Dans le même
temps, la capitale s'enflamme. Une poignée de
«patriotes» va s'efforcer de délivrer le pays de
l'oppression étrangère et de lui rendre son lustre
d'antan. Mais en vain, tant est grande l'apathie
du souverain et incommensurable l'égoïsme des
privilégiés.
En fin de compte Jean-Théodore de Bavière
laissera de son règne l'image d'une principauté
dominée par l'égocentrisme des nantis, étouffée
par les Pays-Bas et vassalisée par la France.