Impressions d'Italie

«On pourrait dire de ces Impressions d'Italie qu'elles
sont un Baedeker d'un genre totalement inédit qui
s'adresse au voyageur rebelle. Rozanov se moque bien de
l'érudition et du commentaire savant, il laisse ce genre
de prétentions aux universitaires patentés. La fraîcheur,
le naturel de son regard, qui s'attarde là où le promeneur
ordinaire passe distraitement, séduit, touche le lecteur
gagné à son tour par l'émotion, l'attendrissement,
l'amusement. Il est sans manières, d'une désarmante
spontanéité, excessif dans ses engouements comme dans
ses répulsions. Rien avec lui n'est "prévisible" et par
conséquent banal. Rêveur, émotif, il est d'une certaine
façon poète. Il aime ou déteste, approuve ou repousse,
non pas en juge, en moraliste, en théoricien, en idéologue,
mais en individu, en être instinctif pour qui
l'autre est chair et coeur avant d'être pensée, raison.»
(De la préface de Jacques Michaut-Paternò.)
«On peut aller en Europe le coeur vide : mais alors on ne
verra rien. Le travail, les plaisirs, les éléments de l'existence
humaine sont partout les mêmes sous le soleil. Inutile de sortir
de son pays pour voir ces choses en Italie ou en Allemagne.
«Je suis parti avec une tout autre intention : regarder d'un oeil
fatigué des gens fatigués. J'avais envie de jeter un coup d'oeil
sur l'Europe, sur ce lieu de colossale énergie historique où
réalisations, exploits, projets, génie, espoirs et désillusions se sont
déposés en couches successives. J'avais envie de "renifler la
sueur", de "regarder les visages" : comment était-ce là-bas ? Que
se passait-il ? Tout y était-il débordant d'énergie ? Y trouvait-on
"la foi, l'espérance et la charité" pour utiliser la phraséologie
orientale ? Je suis parti guidé par un intérêt historique et non
géographique : et le lecteur ou le voyageur, s'il se rend en Europe
animé des mêmes intentions, trouvera dans ce livre un ami.»