Une vie partagée avec Messali Hadj, mon père

«Printemps 2012. Il est minuit à Montréal. J'éteins mon ordinateur. J'ai
fini. Ce livre, je le porte en moi depuis 35 ans. Comme une braise dans mon
corps. Ce n'est pas un roman, ni un livre d'histoire, ni un essai politique.
C'est une promesse. Un serment fait à un homme d'honneur qu'on a voulu
déshonorer, la plus célèbre personnalité algérienne de l'histoire récente, la plus
adulée et la plus calomniée, une des plus grandes figures du 20<sup>è</sup> siècle qu'on
s'est épuisé à salir, à maudire et que j'ai vu trembler, à la fin de sa vie, sous le
poids des ingratitudes et des amnésies.
Cet homme est mon père. Messali Hadj. Le père du nationalisme algérien.
Celui qui orienta le mouvement national algérien comme creuset de la
conscience nationale et qui forma une vraie classe politique au sens moderne
du terme.
Oui, ce livre est une parole donnée à ce libérateur de légende accablé de
contre-vérités historiques, de campagnes de diffamations et d'injures, un
personnage exceptionnel qui a consacré et sacrifié sa vie à son idéal de liberté
et d'indépendance pour l'Algérie, qu'on a adulé, admiré avant de le caricaturer
et de le diffamer, lui et ses proches.
Puisse-t-il restituer aux jeunes générations une partie de l'histoire de leurs
pères, celle-là qu'on a travestie...»